Qui peut vous guérir ?

Qui peut nous guérir ?Avant de vous donner « ma » réponse, qui va sans doute surprendre quelques un(e)s, je vais vous raconter une petite histoire. Ou plutôt un résumé car cette histoire a duré… 20 ans.

20 ans c’est la durée de ma carrière d’infirmier.

Mais il m’a fallut encore quelques années de réflexions après l’arrêt de mon activité pour en tirer quelques enseignements. Je vais illustrer cela par deux histoires vécues.

Arrêt cardiaque à l’Hôpital

A cette époque, je travaillais de nuit à l’hôpital Pasteur de Nice (France), Pavillon A, en réanimation. La nuit les équipes sont réduites et en cas d’urgence on appelle les collègues des autres étages si nécessaire. Cette nuit-là ma collègue de palier, en chirurgie, m’appelle pour un arrêt cardiaque car je suis assez efficace dans ce genre de situation. La patiente, une femme, fin cinquantaine a un bon tableau clinique. Cela veut dire proche de sa sortie de l’hôpital. Aucune raison (médicale) de nous quitter, aucune explication logique pour cet arrêt.

Je n’étais plus un débutant à cette époque et je n’ai pas ménagé mes efforts en massage cardiaque, stimulation, perfusion, intra-veineuse, etc. Bref tout le protocole que je connaissais parfaitement. Dans ces situations d’urgence nous avions rarement de médecin ou d’interne sous la main. Il fallait agir immédiatement et nous savions le faire.

Dans ce cas précis rien n’a réussi. Nous nous sommes battus plus d’une demie heure sans comprendre pourquoi rien ne fonctionnait. Je me souviens encore de l’état dans lequel j’étais en rentrant chez moi. Complètement découragé et épuisé. Je ne comprenais pas du tout pourquoi j’avais « failli » ! Ce fut longtemps dans ma mémoire comme un échec.

Grave accident de voiture

Autre histoire, autre tableau. Les hôpitaux de Nice sont ainsi organisés (en tout cas à l’époque) : le service des urgences était centralisé à l’hôpital Saint-Roch, puis en fonction du niveau d’urgence, les patients étaient adressés à un autre service, avant ou aprés intervention chirurgical d’urgence. Donc tous les services avaient des jours et nuits de garde. A mon époque nous étions de garde le lundi.

Ce lundi là, en plein milieu de la nuit on m’adresse un jeune homme, la vingtaine. Accident de voiture (une 2CV !). Sortie de route sur la sinueuse route de la Vésubie, connu pour être très dangereuse. Multiples tonneaux. Plusieurs heures pour sortir le jeune homme de l’amas de feraille au fond d’un ravin inaccessible.

Lorsque le jeune homme arrive dans mon service, en réanimation, je découvre l’étendue des dégâts. Pas un espace de son corps n’était épargné, jambes, bras, côtes, colonne vertébrale, visage et même mâchoire. Je n’avais encore jamais vu cela. La mâchoire a été scellée par des fils d’acier au bloc opératoire. On devrat le nourrir par une sonde si jamais on arrive à le nourrir un jour. Le tableau clinique est très sombre. Pour nous tous, la petite équipe de « Réa », il ne passera pas la nuit. Donc toute la nuit nous avons fait notre travail auprès de chaque patient comme d’habitude. Rien de plus pour ce jeune homme. La nuit suivante lorsque j’ai repris mon service le jeune homme était toujours en vie. J’étais fort surpris. Et le jour suivant, et le jour suivant…

Ce jeune homme s’en est finalement sortie contre toute attente.  Il s’est réveillé du coma avec le sourire et a raconté des blagues tout le long de son hospitalisation. Certe la remise sur pied a pris des mois et même des années puisqu’il est revenu très (très) souvent nous revoir pour des opérations correctrices. Je n’ai jamais oublié son cas ni son visage. Cet histoire a été une grande leçon de Vie pour moi.

Maladie, accident… Qui décide de la suite ?

Longtemps plus tard, je repensais à tout cela. Je réfléchissais sur notre rôle et place dans la Vie. Pourquoi alors que « médicalement » tout est correcte certains s’en vont, et pourquoi d’autres « médicalement » sans espoir s’en sortent ? J’ ai illustré cet article juste avec deux exemples, mais ma réflexion est basée sur des dizaines de situations du genre. Parfois dramatiques, parfois bienheureuses.

Je suis à présent intimement persuadé que mes patients avaient décidés. Cette dame avait décidé de partir. Quoique j’aurai pu faire cette nuit là, elle serait partie, parcequ’elle l’avait décidé. Tout comme ce jeune homme avait décidé de vivre. Je vais même vous dire mieux. Pour lui mourir n’était même pas une option. Il avait la bonne humeur et la joie de vivre en lui.

Si vous faites partie de celles et ceux qui sont ouverts aux thérapies alternatives, à la spiritualité ou êtes adeptes de développement personnel, cette notion que nous sommes SEUL MAîTRE DE NOTRE DESTIN vous est normalement acquise. Pour les autres, le succès de votre guérison en dépend !

C’est pourquoi je vous ais partagé ici des expériences on ne peut plus concrète de la Vie (et de la Mort). Mon quotidien pendant 20 ans.

Dans la vie soit nous somes un pion et tout le monde décide pour nous. Patron, mari, femme, médecin, etc. Soit nous sommes acteur, actrice de notre Vie. Dans le second cas tout est possible. Nous n’avons qu’à décider !

PERSONNE NE POURRA VOUS GUÉRIR, NI MÉDECINS, NI THÉRAPEUTES (aussi naturels) soient-ils, seul VOUS, avez ce pouvoir.

Comme toujours dans la Vie, et c’est tout de même ce qui fait son charme, chaque réponse apporte d’autres questions. Vous en avez peut-être plein qui vous traversent la tête à présent. Peut-être pas !

Cependant je ne peux terminer cette réflexion, sans vous parler de la première question qui m’est venu à l’esprit ensuite. En tant que soignant on peut logiquement se demander à quoi on sert… si on sert à rien !

Il m’aura encore fallu  beaucoup de temps pour y trouver réponse et être en paix avec mon passé professionnel « agité ». Si je vous partage cela c’est parce que les proches, les conjoints se retrouvent aussi dans cette position inconfortable.

En fait, un accompagnant (professionnel ou non) d’une personne malade n’est là que pour une seule chose : FAIRE SON « TRAVAIL » ! Et oui je sais, dur pour l’égo de réaliser que finalement vous ne sauvez personne. Mais rassurez-vous…

Nous sommes là parce que nous avons un certain savoir, certaines capacités techniques, physiques ou intelectuelles. Nous sommes un instrument, un outil, un… « Ange » en quelque sorte sur le passage d’une Vie qui nous croise, plus ou moins longuement. Nous pouvons soigner, mais pas guérir.

Si vous savez faire un massage cardiaque et que vous êtes en présence de quelqu’un qui en a besoin, vous DEVEZ le faire. Mais… vous n’êtes pas responsable du résultat.

Il ne faut cependant pas réduire cette situation à un rôle d’outil uniquement. Nous sommes un outil pour l’autre mais pour soi-même cette expérience extrême a aussi sa raison d’être. Nous avons quelque chose à y apprendre. N’est-ce pas ?

Voici donc la leçon No 1 du Manuel de Guérison : Nous sommes seul, à la fois notre bourreau et… notre médecin. Nous sommes LA SEULE PERSONNE À POUVOIR NOUS GUÉRIR.

Henri Ford disait : « Que vous pensiez que c’est possible ou que vous pensiez que c’est impossible, dans les deux cas vous avez raison ». Vous pensez que la guérison est impossible ? Vous avez raison. Vous pensez que vous allez guérir ? Vous avez raison !

Ceci est le pré-requis pour bénéficier au mieux du contenu à venir de ce blog. A bientôt pour la leçon No 2, dans laquelle nous allons voir quel est notre pire ennemi ;o)

A bientôt,
Dominique
Signature Dominique [Guerir-le-Cancer.com]

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